Doctrine Malikite


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Ibn 'âshir: "L'essentiel de la religion musulmane: Tawhîd, Fiqh et spiritualité, 2éme édition"


(Al-murshid Al-mu'în 'alâ Ad-Darûrî Min 'Ulûm ed-Dîn d'Ibn 'âshir)

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d'Ibn Abî Zayd Al-qirâwânî

Biographie:

L'Imam Mâlik - Sa vie et son époque, ses opinions et son fiqh d'Abou Zahra aux éditions Al-qalam


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l'Innovation(Bid'a)


La notion de Bid'a en Islam
Question et sa réponse autour d'actes de dévotions ajoutés après la vie du Prophète
Vidéo à ce sujet



La notion de Bid'a en Islam


L’innovation consiste en le fait de rajouter à la religion des éléments qui n’existaient pas du temps du Prophète (paix et salut sur lui). Beaucoup de musulmans croient à tord que toute nouvelle chose est forcément une innovation interdite et un égarement, même s’il s’agit de choses utiles pour la communauté ! Ils se basent pour dire cela sur le hadîth célèbre[1]:

« Faites attention aux choses nouvelles, car toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est un égarement, et tout égarement mène à l’Enfer »[2]

A propos de ce hadîth, nous pouvons remarquer plusieurs choses :

Les savants ont dit que cette parole ne fait pas référence à l’ensemble des choses nouvelles sans restriction... L’expression « toute innovation » n’est pas à prendre dans un sens absolu.

Il existe plusieurs exemples dans le Coran ou dans la Sunna où les commandements, les recommandations ou les interdictions doivent être complétées par d’autres textes qui réduisent leur portée ou expliquent la façon dont doit être compris le verset ou le hadîth.

Par exemple dans la Sourate an-najm, il est écrit :

« L’Homme ne possédera que ce qu’il aura acquis par ses efforts. »[3]

Pourtant d’autres textes affirment que nous recevons des récompenses lorsque quelqu’un prie pour nous, lorsque les anges prient pour nous, durant la prière sur le mort qui est faite pour nous, lorsque l’on a laissé une œuvre de charité comme une mosquée ou une aumône après notre mort…

De la même manière, dans la Sourate al-anbiyâ, il est dit :

« Vous serez vraiment, vous et ce que vous adorez en dehors de Dieu, le combustible de l’Enfer. »[4]

L’expression « ce que vous adorez » ne peut pas être prise dans un sens général sinon on devrait considérer que Jésus (paix et salut sur lui), sa mère (paix et salut sur elle) et les anges que les gens ont adorés en dehors de Dieu, iront tous en Enfer.

Et aussi dans le hadîth qui dit :

« Celui qui prie avant le lever du soleil et avant son coucher n’entrera pas en Enfer. »

Cela ne signifie pas que si on prie seulement la prière de Subh et la prière de ‘Asr nous sommes protégés de l’Enfer même si l’on néglige toutes les autres obligations.

En vérité, si nous voulons définir correctement ce qu’est une bida‘, il faut auparavant définir ce qu’est la sunna, puisque l’un ne va pas sans l’autre. On ne peut pas connaître l’un sans connaître la définition de l’autre.

Le mot « Sunna » signifie tradition, façon de faire, comme il est rapporté dans un hadîth tiré du sahîh muslim :

« Quiconque introduit dans l’Islam une pratique (sunna) louable en retirera une double récompense : la première pour l’avoir introduite, la seconde constituée par la somme des récompenses acquises par ceux qui l’auront imité(fait) après lui sans que cela ne diminue en rien leur propre récompense. Mais quiconque introduit dans l’Islam une pratique mauvaise se verra pénalisé d’une double faute : la première pour avoir introduit cette pratique et la seconde constituée par l’ensemble des fautes commises par ceux qui l’auront imité(fait) après lui sans que cela ne diminue en rien leurs propres fautes. »

يقول عليه الصلاة والسلام:
من سن في الإسلام سنة حسنة فله أجرها وأجر من عمل بها من بعده من غير أن ينقص من أجورهم شيء
ومن سنَّ في الإسلام سنَّة سيئة فعليه وزرها ووزر من عمل بها من بعده من غير أن ينقص من أوزارهم شيء
رواه أحمد ومسلم والترمذي

Le mot "sunna" s'emploie également plus précisément dans le droit musulman pour désigner la tradition prophétique ou encore un acte recommandé non obligatoire (voir le chapitre: les 5 statuts légaux des actes).

A travers cette parole prophétique citée, on se rend compte de la marge de manœuvre considérable offerte par le législateur. Et que les actes nouveaux doivent être jugés à la lumière de leur intérêt pour la religion et la communauté ou leur nuisance, à leur conformité ou non à l'esprit de cette religion et sa sagesse.

En lisant les recueils de hadîth, on se rend compte que beaucoup de Compagnons ont réalisé de nouveaux actes, de nouvelles prières de demande (du‘â), de nouveaux Dhikr etc. que le Prophète (paix et salut sur lui) n’avait jamais réalisé avant eux.

Les Compagnons ont réalisé ces actions en étant totalement convaincus qu’ils étaient bons pour l’Islam et les musulmans ; en référence au verset :

« …pratiquez le bien et peut-être réussirez-vous. »[5]

Beaucoup de Compagnons ont réalisé un effort d’interprétation (ijtihâd), ils ont instauré de nouvelles pratiques en vérifiant qu’elles n’étaient pas en contradiction avec le Coran et la Sunna, et en rejetant tous les actes qui s’en écartaient. Tout ce que la Loi atteste comme bon est considéré comme bon et tout ce que les textes considèrent comme mauvais est une innovation mauvaise à rejeter.

Certains Savants ont utilisé le terme de « bida‘ hasana » (bonne innovation ou bonne coutume) pour désigner les nouvelles actions autorisées, mais en réalité il n’y a pas d’innovation louable, puisque ce n’est pas une innovation mais une interprétation et une compréhension de la sunna.

Par exemple, Al-Bukhârî et Muslim rapportent dans leur recueil d’Abû Hurayra que le Prophète demanda à Bilâl en quel acte il avait le plus d’espoir (qu’il le mène au Paradis)[le Prophète avait entendu le mouvement de Bilâl au Paradis.] . Bilâl (que Dieu l’agrée) répondit qu’il n’existait pas un acte dont il avait le plus d’espoir que le fait qu’il avait l’habitude, après avoir fait ses ablutions aussi de jour comme de nuit, de faire autant de raka‘ qu’il pouvait.
Ibn Hajar al-Asqalânî, dans son Fath al Bârî, en déduit qu’il est permis par effort d’interprétation (ijtihâd) de choisir le moment d’accomplir les actes d’adoration surérogatoires.

De la même manière, Al-Bukhâri rapporte que Khubayb avait demandé de prier deux raka‘at (deux unités de prières) avant d’être exécuter par les idolâtres à la Mecque.

Ces deux exemples montrent que Bilâl et Khubayb ont utilisé leur propre effort d’interprétation sans que le Prophète en ait parlé auparavant.

Autre exemple rapporté par al-Bukhârî et Muslim :

Rifa‘a Ibn Râfi‘ a raconté qu’un jour, au cours d’une prière en commun avec le Prophète (paix et salut sur lui) comme Imâm, un Compagnon avait rajouté une invocation à haute voix après que le Prophète ait dit : sami‘a Allahu limane hamidahu. Il avait dit :
ربنا ولك الحمد
حمدا كثيرا طيبا مباركا فيه"
"
Après la fin de la prière, le Prophète (paix et salut sur lui) a demandé qui avait dit cela et a dit que plus de trente anges s’étaient ‘précipités’ pour pouvoir être celui qui allait écrire cette invocation le premier.

Ibn Hajar en déduit qu’il est permis d’utiliser de nouveaux dhikr au cours de la prière tant qu’ils ne contredisent pas ceux conseillés dans les hadîths.

Nous remarquons que ce récit fait référence à la prière qui est l’acte rituel le plus important en Islam.

Il existe aussi un récit qui parle de l’utilisation de la Fâtiha comme moyen de guérison :
Al-Bukhârî rapporte d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî qu’un groupe de Compagnons étaient en train de camper dans le désert lorsqu’un homme vint les voir en leur disant que leur chef venait d’être piqué par un scorpion et qu’ils avaient tout essayé mais que rien ne marchait. Un des Compagnons récita la Fâtiha en échange d’un troupeau de moutons. Ils ne se partagèrent pas le troupeau avant d’avoir demandé l’avis du Prophète (paix et salut sur lui). A leur retour, Sayyiduna Muhammad (paix et salut sur lui) leur demanda comment il savait que la Fâtiha avait un pouvoir de guérison et il accepta le partage du troupeau.

Ce hadîth montre que les Compagnons n’avaient aucune connaissance préalable de la capacité de guérison de la Fâtiha mais ils ont utilisé leur effort d’interprétation (ijtihâd : effort juridique).

Il existe aussi beaucoup de récits concernant des invocations (du‘â) faites par des Compagnons qui ont été validées par le Prophète (paix et salut sur lui) ensuite.

Si maintenant nous retournons au hadîth du début :

« Faites attention aux choses nouvelles, car toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est un égarement, et tout égarement mène à l’Enfer »

Il devient plus facile de comprendre le sens véritable de ce hadîth.

La seule raison pour laquelle la Loi Islamique est valide pour toutes les époques et tous les lieux et est la plus facile et la plus parfaite de toutes les Lois, c’est parce que cette Loi comprend des principes méthodologiques généraux et universels. Les Savants ont reçu la capacité de compréhension des textes, la connaissance des types d’analogies et de parallélismes et l’excellence qui caractérise cette Loi. Allons-nous considérer que chaque innovation apparue après le premier siècle de l’Islam est une innovation blâmable sans considérer si elle entraîne un bénéfice ou un préjudice ? Cela invaliderait une grande partie des bases fondamentales de la Loi Sacrée aussi bien que les règlements obtenus par raisonnement analogique, et cela limiterait et rétrécirait la vaste et étendue envergure de la Loi. [6]

Le Sheikh ‘Izz ad-din Ibn ‘Abdel-Ssalâm (le sultan des Oulémas) considère que la classification en cinq statuts légaux[7] pour les actes en jurisprudence doit aussi être appliquée pour les innovations :

1.Les innovations obligatoires :

Compilation du Coran(en entier) (qui s’est faite la première fois sous les ordres du premier Calife Abou Bakr (que Dieu l'agrée) puis définitivement à l’époque du troisième Calife ‘Uthmân Ibn ‘Affân (que Dieu l’agrée) ), étude de la grammaire, de la lexicographie arabe, classification des hadîths selon leur degré de certitude(fiabilité), apprentissage des arguments contre les déviances et les sectes...

2.Les innovations interdites

Les doctrines malsaines et déviantes (comme les fatalistes,les antropomorphistes,les Jabriyya...), toutes les activités répréhensibles par la Loi. Il s'agit aussi de toute altération consciente, volontaire et non justifiée dans le culte: exemple : la secte égarée qui a choisi(décrété) de faire seulement deux prières au lieu des cinq obligatoires ! Ou celle qui a choisi(décrété) de ne plus jeûner le Ramadan ! ...

3.Les innovations recommandées

Construire des écoles religieuses, écriture de livres sur le droit musulman et la science islamique en général, récitation de wird, mawlid an-nabi.
Parmi les bonnes coutumes aussi (ou les innovations méritoires), la lecture du Coran en groupe et à haute voix. Dans certains pays comme le Maroc, cette coutume est toujours d’actualité dans les mosquées après la prière du Maghreb et après la prière du Subh. Cela permet la mémorisation du Coran et l’apprentissage des ses règles de lecture. Il en est de même pour la lecture du Coran sur les tombes surtout la lecture de la Sourate Yâsîn.

4.Les innovations blâmables

Construire de trop belles mosquées, apprendre des sciences qui n’ont aucun intérêt juste par jeu.

5.Les innovations permises

Utiliser des fourchettes et des cuillères(**), manger d’autres plats (licites) que ceux consommés par le Prophète (paix et salut sur lui), posséder des biens matériels modernes (voiture,portable, ordinateur..).
(**)Manger (ou boire) dans des plats ou des récipients d’or ou d’argent est illicite. Ainsi qu’utiliser des fourchettes et des cuillères d’or et d’agent…

Le Grand Muhaddith Marocain Sidi ‘Abdullah Ibn As-Siddîq a dit:

“Dans les « Qawâ‘id al-Kubra », ‘Izz ibn ‘Abdel-Ssalâm classifie les innovations (bida‘) selon leur bénéfice, leur nuisance ou leur neutralité dans cinq catégories de règles : l’obligatoire, la recommandée, l’interdite, la blâmable et la permise, en donnant des exemples pour chacune de ces catégories et en mentionnant les principes de la Loi Sacrée qui vérifient cette classification.

Ses paroles sur le sujet montre une réelle compréhension et un savoir aiguisé à la fois des principes de la jurisprudence et du jeu des avantages/désavantages humains pour lesquels le Législateur a établi les règles de la Loi Sacrée.

Parce que sa classification des innovations a été établie sur des bases solides en droit islamique et en principes de la Loi, elle a été approuvée par l’Imam An-nawawî, par Ibn Hajar al-Asqalani et par la grande majorité des savants, qui ont agréé ses paroles et ont considéré qu’il était obligatoire d’appliquer sa classification à tous les nouveaux événements et à toutes les éventualités qui apparaissent avec le changement d’époque et la transformation des gens.

Personne ne doit rejeter cette classification en utilisant comme argument le hadîth qui dit « toute innovation est un égarement », parce que la seule véritable innovation qui est un égarement complet est celle qui concerne les bases de la croyance (ou une modification (altération) volontaire et sans preuve dans les piliers de la religion), comme les innovations des Mu‘tazilites, des Qadarites, des Murjiites et d’autres, qui ont contredit les croyances des premiers musulmans. Des innovations pareilles sont répréhensibles parce qu’elles sont dangereuses et dénuées de tous bénéfices.

Pour les innovations en acte, c’est-à-dire l’apparition d’un acte de dévotion ou autres qui n’existait pas au début de l’Islam, il doit obligatoirement être jugé en utilisant les cinq catégories définies par ‘Izz ad-dîn Ibn ‘Abd As-salâm. Affirmer que telle ou telle innovation est néfaste sans qualification n’est pas acceptable. (…)[8]

L’imam As-Shafi’i affirme [9] : « Toute chose innovée qui contredit le Livre, la Sounna, le Consensus des savants ou le Athar [10] [unanime], est une innovation (égarée) et une errance. Par contre toute chose qui est innovée en matière de bien et qui ne les contredit en rien, est une innovation louable. »
Il estime également [11] : « Il existe deux types d’innovations : les innovations réprouvées et les innovations autorisées. Les innovations conformes à la Sounna sont autorisées, mais celles qui la contredisent sont réprouvées ». Il appuie ses propos en se basant sur la parole de Omar : « Quelle bonne innovation celle-ci ! »[12]. Il importe de noter, à ce sujet, que des avis similaires ont été rapportés par nombre de savants tels que Al Bayhaqî , Al-Nawawî , l’Imâm Al-Haytamî, Abou Bakr ibn Al ’Arabi, Al-Ghazâli, Ibn Hazm, Ibn al Jawzî, le Sultan des oulémas l’imam Al ‘Izz Ibn ‘Abd as-Salâm et Al Hâfiz ibn Hajar et bien d’autres.[13]
L’imam Al-Shawkâni, éminent savant de l’Islam, a conclu dans son livre Nayl al-Awtâr que la séparation des innovations en bonnes et mauvaises, est la position la plus authentique.



Notes:

[1] Il est important pour le croyant sincére quant il s’agit de comprendre (ou d’interpréter) un hadîth de maîtriser la « science du hadîth » ou de faire appel aux savants spécialistes.

[2] Rapporté par Abû Dâwûd

[3] Sourate : 53, verset : 39.

[4] Sourate : 21, verset : 98.

[5] Sourate : al-Hadjj 22, verset : 77.

[6]Voir: Adillatu Ahli as-sunna wa al-jamâ‘a.

[7] Voir le chapitre VI: les statuts légaux en Islam.

[8] « Itqân assan ‘a fî tahqîqi ma ‘anâ al bid ‘a » (les statuts légaux de l’innovation : de l’innovation blâmable à la bonne coutume) : auteur le grand savant ‘Abdallah As-seddîq Al-ghumârî : édition : Maktabatu Al-qâhira : année 2005.

[9] Rapporté de Harmala disciple de As-Shafi’i par Abû Nu’aym dans Hilyat Al-Awliyâ.

[10] Un Athar est une information traditionnelle, en l’occurrence, ce qui est rapporté des compagnons du Prophète ou de leurs successeurs.

[11] Rapporté d’Al-Rabi’, autre disciple de As-Shafi’i par Al-Bayhaqî dans son livre Madkhal et Manâqib Al-Shafi’i avec une chaîne authentique comme l’écrit Ibn Taymiyya dans son livre Dar’ Ta’ârud Al-’Aql wa An-Naql.

[12]La parole de Omar est rapportée par Al-Bukhâri dans son Sahîh et par l’imam Mâlik dans Al-Mouwattaa (Livre 6: des prières surérogatoires à Ramadan chapitre II Hadîth 252): c'était à l'occasion de l'instauration (centralisation) des prières des Tarâwîh dirigées par un Imâm dans les nuits de Ramadan.

[13] Il importe de noter que certains savants ont classé les bonnes et les mauvaises innovations suivant les cinq statuts juridiques connus comme on a vu. L’innovation est ainsi divisée en : celle qui est obligatoire (wajiba), interdite (mouharrama), recommandée (mandouba), déconseillée (makrouha) ou indifférente (autorisée) (moubaha). En revanche, on trouve plus de réticence au niveau de l’école hanbalite et surtout avec Ibn Taymiyya.

Question et sa réponse autour d'actes de dévotions ajoutés après la vie du Prophète

Question:
Que dites vous à ceux qui prétendent que la Bid’a égarée est liée à tout acte d’adoration qui est survenu après la mort du Prophète (paix et salut sur lui), sans distinction de nuisance/utilité par rapport à la communauté ni de distinction de conformité ou non par rapport aux textes et à leur esprit ?

Réponse :
Cela est faux, comme on a précisé ci-dessus, les grands savants considérés ont classé la Bid’a en cinq catégories, y compris si cela concerne des actes de dévotion :
Parmi les innombrables preuves/exemples irréfutables sur cela :
*Le fait que Sidna Omar Ibn Al-khattâb(que Dieu l’agrée) instaura (centralisa) les prières Tarâwîh après la prière du ‘Ishâ (pendant Ramadan) en groupe dans les mosquées en disant : « Quelle bonne innovation celle-ci ! » .Cette parole de Omar (que Dieu l’agrée) est rapportée par Al-Bukhâri dans son Sahîh et par l’imam Mâlik dans Al-Mouwattaa (Livre 6: des prières surérogatoires à Ramadan chapitre II Hadîth 252): c'était à l'occasion de l'instauration (centralisation) des prières des Tarâwîh dirigées par un Imâm dans les nuits de Ramadan.
Les prières Tarâwîh sont bien un acte d’adoration et non un acte de la vie courante (‘adât)…

*On cite aussi utilement de même, l’ajout d’un appel à la prière (Azân) par le troisième Calife Sidna ‘Uthmân Ibn ‘Affân pour le vendredi lorsque la population musulmane a augmenté (pour alerter, informer et rappeler encore mieux les croyants à cette prière capitale) : cela a été rapporté par Al-bukhârî dans son Sahîh :
As-sâib Ibn Yazîd (que Dieu l’agrée) rapporte : « l’appel à la prière (Azân) pour la prière du vendredi était au début un seul appel lorsque l’imâm s’asseyait sur le Minbar , c’était le cas à l’époque du Prophète(paix et salut sur lui) puis d’Abou Bakr puis de Omar, mais à l’époque de Uthmân (que Dieu l’agrée) les gens sont devenus nombreux et il ajouta un troisième appel (Azân)… »
Al-Bukhârî (912)
حديث السَّائِبِ بْنِ يَزِيدَ رضي الله عنه قَالَ
كَانَ النِّدَاءُ يَوْمَ الْجُمُعَةِ أَوَّلُهُ إِذَا جَلَسَ الْإِمَامُ عَلَى الْمِنْبَرِ عَلَى عَهْدِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَبِي بَكْرٍ وَعُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فَلَمَّا كَانَ عُثْمَانُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَكَثُرَ النَّاسُ زَادَ النِّدَاءَ الثَّالِثَ عَلَى الزَّوْرَاءِ ' قَالَ أَبُو عَبْد اللَّهِ الزَّوْرَاءُ مَوْضِعٌ بِالسُّوقِ بِالْمَدِينَةِ
رواه البخاري 912
Sidna Uthmân (qui est Mujtahid comme Sidna Omar et comme les grands compagnons connaisseurs) a donc ajouté un acte de dévotion (Al-azân) (cela est encore appliqué dans toutes les mosquées du monde sunnite) parce que cela est utile pour la communauté et parce que cela ne va pas à l’encontre ni du Coran ni de la Sunna, au contraire cela s’accorde avec les nobles finalités de la religion.

Ceci dit, il est important et utile de signaler que l’Ijtihâd (effort juridique) et l'émission des Fatwas sont réservés exclusivement aux savants Mujtahid qui maîtrisent les règles du droit musulman, autrement c’est l’anarchie, la Fitna et l’égarement, lire à ce propos notre article :
http://www.doctrine-malikite.fr/Conditions-de-la-Fatwa-et-de-l-interpretation_r5.html

Puisse Allah nous donner la bonne compréhension.

Vidéo à ce sujet:



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