Doctrine Malikite


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Ibn 'âshir: "L'essentiel de la religion musulmane: Tawhîd, Fiqh et spiritualité, 2éme édition"


(Al-murshid Al-mu'în 'alâ Ad-Darûrî Min 'Ulûm ed-Dîn d'Ibn 'âshir)

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d'Ibn Abî Zayd Al-qirâwânî

Biographie:

L'Imam Mâlik - Sa vie et son époque, ses opinions et son fiqh d'Abou Zahra aux éditions Al-qalam


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Al-mash


L'essuyage (Mash) sur le pansement ou le plâtre en cas de blessure
L'essuyage (Mash) sur les Khuffayn ( chaussettes, chaussures ou chaussons) et ses conditions



L'essuyage (Mash) sur le pansement ou le plâtre en cas de blessure


Dans le cas d’une blessure qui nous empêche d’utiliser l’eau (risque d’infection et de complication) il faut faire l’ablution normale et en arrivant au membre malade essuyer (mash: passage de la main mouillée) sur le pansement ou le plâtre ou le bandage (jabîratun) du membre malade (au lieu de le laver) jusqu’à ce que ce membre guérisse et qu’on enlève le plâtre. Idem pour le Ghusl.[1]
Notez Bien:
le bandage (ou plâtre ou pansement) doit être gardé jusqu'à la fin de la prière: si vous l'enlevez ou qu'il s'enlève avant la fin de la prière, il faut le remettre refaire l'essuyage et refaire la prière. Si le membre est guéri, là on réutilisera à nouveau l'eau pour ce membre.

Question :

J’ai une sérieuse blessure sur le pied qui risque des complications en utilisant l’eau, que dois-je faire ?

Réponse :

La maladie ou la blessure que vous avez sur le pied vous empêche d'utiliser l'eau pour ce membre car vous risquez (si vous utilisez l'eau) d'empirer le mal ou de retarder la guérison.
Danc ce cas vous ferez le Woudou normalement et quand vous arrivez au membre (malade ou blessé) concerné (sur lequel il y a le médicament) vous utiliserez l'essuyage de ce membre avec la main humide (mouillée) (mash) au lieu du lavage de ce membre.

Si vous craignez en passant votre main humide directement sur le membre une complication de blessure ou une nuisance, vous devez utiliser un bandage sur votre pied et passer la main humidifiée (une fois) sur ce bandage au lieu de le laver.

Attention: le bandage doit être gardé jusqu'à la fin de la prière. Si vous l'enlever ou qu'il s'enlève avant la fin de la prière, il faut le remettre refaire l'essuyage et refaire la prière.

Si le membre est guéri vous devez utiliser l'eau de nouveau pour le laver.

Dans Mudawwana, la question suivante a été posée à l'Imam Mâlik: la personne qui a des blessures sur une grande partie de son corps et une partie est saine, comment est ce qu'il fait?
L'Imâm Mâlik répondit alors: 'Il lave les membres qu'il peut laver et essuie ce qui est blessé sinon s'il ne peut pas essuyer directement ce qui est blessé, il essuiera le bandage mis sur les membres blessés.

Point d'attention: Mash ou tayammum
Pour passer au tayammum à la place de l'essuyage sur le membre malade, les Fouqaha présentent deux situations :
1. si le fait de laver les membres sains (des ablutions ou du Ghousl) présente/provoque un préjudice ou risque de complication, alors on fera le tayammum
2. si la grande majorité du corps est blessée (indisposée pour l'utilisation de l'eau), par exemple il lui reste que le pied ou la main qui est saine, alors oui le Tayammum est obligatoire.

Notes:
[1]Arguments du Mash sur les bandages ou le plâtre :
On cite entre autre:
Le hadîth de Jâbir Ibn ‘Abd Allah: à propos de l’homme qui fut blessé à la tête... Il était Junub (en état d’impureté majeure) et il demanda s'il pouvait faire le tayammum mais on le lui refusa. Il fit donc le Ghusl (grande ablution) mais mourut à la suite de cela. Le prophète, apprenant cela, dit : ils l’ont tué ! Qu’Allah les tue! Il aurait suffit à l'homme de faire le tayammum; il aurait mis un bandage sur sa blessure, aurait fait l'essuyage (mash) dessus et le lavage du reste du corps."
Rapporté par Abû Dâwud (1/239-240) (kitâb at-tahâra : bâbun fî al-majrûh yatayammam) et ad-dâraqutnî (1/189).
Ibn Omar a fait aussi l’ablution normale en passant la main mouillée (essuyant) sur les bandages qu’il avait et en lavant les autres parties (les parties saines).
Rapporté par Al Bayhaqî dans ses Sunan (1/328).


L'essuyage (Mash) sur les Khuffayn* ( chaussettes, chaussures ou chaussons) et ses conditions

On a la possibilité de remplacer le lavage des pieds par le fait d’essuyer les khuffayn* (chaussettes, chaussons ou chaussures) avec la main (passage des mains mouillées sur les Khuffayn) sous certaines conditions : les plus importantes étant que ces Khuffayn soient de cuire essentiellement (pour la doctrine malikite:la matière prépondérante doit être le cuire:surtout le bas et le haut, si ce n'est que les côtés qui sont d'une autre matière mais que le reste est en cuire, il restera bon pour l'essuyage), que ces Khuffayn arrivent aux chevilles(en les incluant et les couvrant aussi), qu’elles soient enfilées (pour la première fois) en état d’ablution humide (c'est-à-dire : on fait nos ablutions, puis on les met), qu’elles soient propres (ne contiennent pas de najâsa),qu’elles ne soient plus enlevées, et que les Khuffayn ne soient pas déchirées sur le tiers du pieds ou plus (c'est-à-dire que la déchirure ou le trou ne découvre pas le tiers du pieds ou plus)…
Le cuire doit être aussi "Makhrûz" (cousu) et non pas collé.

L’essuyage sur les Khuffayn (de cuir) (avec ses conditions)n’est pas limité par une période dans le malikisme (sauf si on veut se laver ou faire les ablutions humides complètes), il est préférable de les enlever chaque vendredi ou chaque semaine pour faire le Ghusl ou les ablutions humides.
On peut le faire en résidence comme en voyage, en bonne santé ou en maladie.

Si on est en état de souillure majeure (obligation du Ghusl): là on ne peut plus faire l'essuyage sur les khuffayn.
Si on fait l'ablution avec le mash puis on enléve les Khuffayn, il faudra tout de suite laver les pieds aux chevilles pour que l'ablution reste valide, s'il oubli de laver son pied de suite il construira sur ce qui a été fait avant les pieds (en émettant l'intention) et continuera l'ablution humide...Si il ne lave pas son pied volontairement et si un long temps est passé: il doit refaire toute l'ablution humide.(Al-Fiqh 'alâ al-madhâhib al-arbaa d'Al-jazîrî tome I page 134).

*Khuffayn: dans la langue arabe désigne des chaussures montantes souples couvrant les chevilles et faites de cuir cousu.


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